Les ménages français l’ont bien senti : chaque point de rendement compte face à une inflation encore nerveuse. Entre un Livret A qui s’essouffle, un PER bientôt retouché et une assurance vie qui se tient bon, 2025-2026 s’annonce comme une période charnière pour l’épargne de précaution… et pour la retraite.
Livret A : un rendement moyen plafonné à 160 € d’intérêts
Pour la première fois en une décennie, les retraits ont dépassé les dépôts : l’encours global a diminué malgré les 9,24 milliards d’euros d’intérêts versés. Rapporté aux 57,5 millions de livrets, cela représente à peine 160 € par compte.
• Début 2025 : taux à 2 %.
• Août 2025 : repli à 1,70 %.
• Février 2026 : nouvelle baisse annoncée à 1,50 %.
Un foyer détenant 8 000 € sur son Livret A a ainsi vu ses intérêts passer de 160 € en 2024 à environ 136 € en 2025, soit l’équivalent d’un plein d’essence en moins à la fin de l’année. Cette tendance pousse de nombreux épargnants à s’interroger sur des alternatives moins pénalisées par la baisse des taux.
Le tournant des alternatives : LEP, PEL et assurance vie en ligne de mire
Le Livret d’Épargne Populaire (LEP) est devenu la vedette des produits garantis, avec en moyenne 209 € d’intérêts par compte grâce à un taux nettement plus avantageux – mais il reste réservé aux foyers modestes.
À l’opposé, certains contrats d’assurance vie multisupports ont augmenté la part actions de leurs allocations pour viser 3 à 4 % de rendement annuel, tout en conservant un filet de sécurité sur le fonds en euros.
PER 2026 : deux réformes pour mieux défiscaliser
À compter de 2026, les pouvoirs publics ont prévu de revoir le Plan d’Épargne Retraite :
- Cumul des plafonds non utilisés : si un salarié n’a pas profité de ses déductions pendant deux ou trois années de transition professionnelle, il pourra les reporter et réduire son impôt d’un seul coup lorsqu’il disposera de liquidités.
Par exemple, un consultant freelance ayant déclaré 0 € de versement déductible en 2024-2025 pourrait placer 9 000 € d’un seul tenant en 2026, économisant jusqu’à 3 000 € d’impôt (hypothèse : TMI à 30 %).
L’autre mesure concerne l’âge : les versements après 70 ans seront plus étroitement encadrés pour éviter une utilisation exclusive à des fins successorales. Les retraités souhaitant encore alimenter leur PER devront donc anticiper et, au besoin, se tourner vers l’assurance vie, où le seuil fiscal de 70 ans reste plus favorable.
Assurance vie : une stabilité à 2,75 % qui rassure
Chez BNP Paribas, le taux plancher de 2,75 % sur le fonds en euros pour 2025 se maintient, alors que la moyenne de marché devrait s’établir à 2,5 %.
• Concrètement, 50 000 € placés génèrent environ 1 375 € d’intérêts en un an, hors prélèvements sociaux.
• Chez Société Générale ou Crédit Agricole, les projections oscillent entre 2,60 % et 2,80 %.
Cette stabilité attire les épargnants prudents, d’autant que les unités de compte, plus dynamiques, ont retrouvé un potentiel de 5 à 8 % annualisé sur les trois dernières années, malgré des secousses boursières.
Comment arbitrer vos placements avant la fin 2026 ?
- Sécuriser une épargne de précaution équivalente à trois à six mois de dépenses courantes, quitte à panacher Livret A et LEP pour optimiser le rendement garanti.
- Profiter de la fenêtre fiscale 2025 pour lisser vos versements PER avant le changement de règles ; un versement programmé mensuel réduit la pression fiscale de fin d’année.
- Examiner votre contrat d’assurance vie : un arbitrage partiel vers des supports diversifiés peut dynamiser la performance sans sacrifier la sécurité du fonds en euros.
L’essentiel à retenir
• 160 € d’intérêts moyens sur le Livret A rappellent que le rendement n’est plus garanti.
• Le PER va gagner en souplesse fiscale en 2026, mais les versements tardifs seront davantage encadrés.
• Les fonds euros rémunérés autour de 2,75 % restent un refuge accessible, surtout si l’inflation continue de roder.
En 2025-2026, la vigilance reste de mise : diversifier ses placements et suivre l’évolution des taux peut transformer quelques dixièmes de points en centaines d’euros supplémentaires. C’est le moment ou jamais d’affûter sa stratégie pour que chaque euro épargné travaille vraiment pour vous.
