Une vague de contraventions frappe actuellement les automobilistes français : des milliers d’usagers se sont vu infliger une amende de 135 € pour avoir activé leurs feux antibrouillard trop tôt ou sans raison valable. À l’heure où l’hiver pointe et où la vigilance est déjà de mise, il est essentiel de connaître les règles précises qui encadrent ces éclairages si particuliers… et d’éviter une sanction qui peut grimper jusqu’à 375 € en cas de retard de paiement.
135 € d’amende : pourquoi cette contravention tombe plus souvent ?
La législation est sans équivoque : le Code de la route autorise l’usage des feux antibrouillard uniquement en cas de brouillard dense, de pluie torrentielle ou de chute de neige importante. Hors de ces circonstances, ils deviennent une source d’aveuglement pour les conducteurs qui suivent et sont considérés comme une infraction de 4ᵉ classe.
La multiplication des verbalisations s’explique par deux facteurs :
- Une hausse des contrôles ciblés : de nombreux départements ont renforcé les patrouilles, notamment sur les axes périurbains où la tentation d’« allumer pour être vu » est grande.
- Une méconnaissance persistante de la réglementation : selon une enquête interne des forces de l’ordre, près d’un conducteur sur trois ignore la distance minimale de visibilité de 100 m avant de pouvoir enclencher ses feux arrière.
En pratique, un paiement immédiat ramène l’amende à 90 €, mais passé 45 jours, la note grimpe à 375 €. Mieux vaut donc prévenir que guérir !
Quand allumer – ou éteindre – ses feux antibrouillard ?
Pour ne plus hésiter, retenez cette règle simple : « Je distingue nettement la route à plus de 100 m ? Les antibrouillards restent ÉTEINTS. »
Les forces de l’ordre rappellent ainsi les cas autorisés :
- Feux antibrouillard avant : autorisés par brouillard, neige ou pluie très forte. Leur faisceau large perce les nappes d’humidité, mais devient inutile et éblouissant par temps clair.
- Feux antibrouillard arrière : réservés au brouillard ou à la neige. Interdiction totale sous la pluie ; leur intensité rouge vif dérange et peut masquer les feux stop.
En journée pluvieuse mais encore lumineuse, privilégiez simplement les feux de croisement. Ils consomment moins, éclairent suffisamment et préservent le confort visuel de tous.
Les risques concrets pour vous et pour les autres usagers
L’éblouissement engendré par les feux antibrouillard arrière n’est pas anodin : à 90 km/h, un conducteur aveuglé pendant une demi-seconde parcourt déjà 12,5 m à l’aveuglette. Les témoignages affluent :
« Je roulais tranquillement quand les antibrouillards du véhicule devant moi m’ont presque aveuglé. Un instant d’inattention, et j’ai failli rater un obstacle sur la chaussée », confie un automobiliste verbalisé quelques minutes plus tard.
Au-delà de la gêne visuelle, les feux avant mal employés créent une fausse impression de route dégagée ; un piéton, un cycliste ou un animal peut alors être repéré trop tard. Mieux vaut donc garder ces projecteurs pour les scénarios extrêmes où leur utilité est incontestable.
Opérations de contrôle : l’étau se resserre
Depuis début novembre, plusieurs préfectures ont diffusé leurs chiffres : +32 % de contraventions pour mauvais usage des feux en un mois dans l’Ouest, +45 % sur l’arc méditerranéen. Les CRS et gendarmes utilisent des jumelles adaptées pour vérifier, à distance, si la visibilité dépasse les fameux 100 m.
Des points de contrôle éclairs sont mis en place à la sortie des tunnels, aux abords des périphériques et même sur les parkings de stations-service. Objectif : rappeler que « chaque lumière inutile peut devenir un danger », selon un officier de la Sécurité routière.
Les bons réflexes à adopter au quotidien
- Avant de démarrer, faites un rapide tour d’horizon de votre tableau de bord : les pictogrammes vert (antibrouillard avant) et orange (arrière) doivent être éteints par défaut.
- Sur autoroute, si le brouillard se dissipe et que vous repérez le premier panneau à 150 m, coupez immédiatement vos feux arrière ; c’est un signe fiable de visibilité suffisante.
- Enfin, sensibilisez vos proches : un rappel lors d’un trajet en famille ou dans le covoiturage vaut parfois mieux qu’une leçon à 135 €.
Adopter ces réflexes simples, c’est protéger votre porte-monnaie, mais surtout la sécurité de tous les usagers. Alors, la prochaine fois que la météo se gâte, posez-vous la bonne question : « Suis-je réellement dans le brouillard ? » Si la réponse est non, gardez vos antibrouillards éteints et poursuivez votre route en toute sérénité.
