Buée sur les vitres, meubles abîmés : leur VMC en panne laisse la moisissure envahir tout l’immeuble au Houlme, les habitants à bout

Au Houlme, la routine matinale est devenue un véritable cauchemar : buée épaisse sur les vitres, odeur d’humidité tenace, traces vertes ou noires qui grignotent les murs. Depuis des mois, la VMC défaillante d’un immeuble laisse l’humidité s’installer, obligeant des familles à vivre dans des logements saturés de moisissure. Les promesses de réparation, elles, semblent se perdre dans le brouillard.

Une panne qui touche tout l’immeuble

Le problème ne concerne pas un appartement isolé : six foyers, soit près de 25 personnes, signalent la même situation. Durant l’hiver, le taux d’hygrométrie a dépassé les 80 % dans certaines pièces, alors qu’il ne devrait jamais franchir les 60 %. « Nous vivons les fenêtres ouvertes même par 5 °C dehors, mais l’eau ruisselle toujours sur les carreaux », décrit une habitante, la voix lasse.

Comment la VMC est censée protéger les logements

En temps normal, une ventilation mécanique contrôlée renouvelle l’air toutes les trois heures et évacue près de 1,5 litre de vapeur d’eau par jour et par pièce humide (cuisine, salle de bains). Or, les gaines fissurées et les bouches d’extraction encrassées empêchent ce cycle. Pire : l’air vicié reste prisonnier, favorisant la prolifération de champignons microscopiques sur les murs froids.

Des conséquences visibles… et invisibles

  • Mobilier gonflé : en à peine trois semaines, des placards neufs se sont voilés, rendant certaines portes impossibles à fermer.
  • Textiles imprégnés : les couchages d’enfants et les rideaux dégagent une odeur de renfermé persistante même après lavage.
  • Risques sanitaires : un enfant asthmatique a déjà fait deux passages aux urgences pour crises respiratoires, selon sa famille.

Le bailleur face à la colère des résidents

Logeo Seine admet un « retard de chantier » : la remise à neuf du système, prévue en janvier, est reportée pour la troisième fois. Une visite technique éclair a bien eu lieu, mais aucun calendrier ferme n’a été communiqué. Résultat : escalators de réclamations, appels au numéro d’urgence restés sans suite et sentiment d’abandon généralisé.

Quels recours pour les locataires ?

Les habitants envisagent maintenant une action collective. En s’appuyant sur le code de la construction, ils rappellent que le bailleur doit garantir « un logement décent ne portant pas atteinte à la santé ». Une expertise indépendante pourrait chiffrer les dommages : selon les premières estimations, le coût de remise en état d’un T3 atteint déjà 4 000 € (peinture, mobilier, décontamination).

Une situation critique qui appelle des réponses rapides

Si la ventilation ne redémarre pas d’ici à la fin du printemps, la chaleur estivale risque d’aggraver la prolifération des spores. Les occupants redoutent alors une contamination durable des structures en placoplâtre, qui impose souvent des travaux lourds et coûteux. « On craint de devoir partir, mais pour aller où ? » soupire l’un d’eux.

En attendant des travaux concrets, la vie continue entre déshumidificateurs branchés jour et nuit et lingettes anti-moisissures changées à répétition. Une chose est sûre : l’immeuble du Houlme n’a plus de temps à perdre ; chaque jour de retard assombrit un peu plus les murs… et le moral de ses habitants.