En 2024, un dispositif fiscal peu connu redonne de l’oxygène au portefeuille des retraités qui mettent en vente un bien immobilier autre que leur résidence principale. Jusqu’à 36 200 € d’impôts peuvent ainsi être préservés, de quoi financer des travaux d’adaptation, un déménagement ou simplement affronter l’inflation sans angoisse. Voici comment cette « exonération oubliée » fonctionne et pour quelles raisons elle devrait figurer en tête de votre check-list si vous (ou un proche) envisagez de vendre.
Une bouffée d’air pour le budget des seniors
Depuis le 1ᵉʳ janvier 2024, les retraités qui respectent certaines conditions peuvent vendre une résidence secondaire, un logement locatif ou même un terrain sans payer les 36,2 % d’impôts habituels sur la plus-value immobilière. Concrètement, une plus-value de 100 000 € ne coûte plus un centime en impôt ni en prélèvements sociaux : ce sont 36 200 € de frais évités. Un couple de retraités ayant vendu un petit appartement à Nice témoigne : « Nous avons pu transformer notre maison en plain-pied et financer un véhicule adapté, tout ça grâce au coup de pouce fiscal ».
Conditions d’accès : deux verrous à franchir
Pour profiter de l’exonération, le vendeur doit réunir simultanément deux critères :
- Disposer d’un patrimoine immobilier net inférieur à 1,3 million d’euros.
- Afficher un revenu fiscal de référence (avis N-2) inférieur à 12 679 € majoré de 3 397 € par demi-part supplémentaire.
Exemple : un retraité divorcé ayant deux demi-parts de retraité invalidé doit rester sous 19 473 € de revenu fiscal de référence (12 679 € + 2 × 3 397 €) pour obtenir le sésame. À noter : exercer une petite activité professionnelle ou toucher une pension de réversion ne fait pas perdre l’avantage si les plafonds demeurent respectés.
Quels biens peuvent profiter de la mesure ?
La résidence principale est déjà exonérée de toute plus-value ; la nouveauté concerne donc :
• Les résidences secondaires (maison de campagne, appartement au ski).
• Les biens locatifs (studio loué à un étudiant, garage, local commercial).
• Les terrains constructibles ou non.
En indivision, chaque copropriétaire est passé au crible individuellement : si trois sœurs vendent le pavillon hérité de leurs parents, l’exonération peut s’appliquer à l’une d’elles même si les deux autres dépassent les plafonds.
Ce que représentent 36 200 € en chiffres
36 200 € équivaut, pour un couple de retraités :
• à environ trois années de facture énergétique (moyenne 2024) dans une maison de 110 m² ;
• au coût complet d’un monte-escalier motorisé et d’une salle de bain PMR ;
• à huit croisières fluviales en cabine double, pour ceux qui voient la retraite comme une parenthèse voyageuse.
Autrement dit, l’exonération n’est pas qu’une ligne sur la déclaration : elle change concrètement le quotidien.
Pièges fréquents à surveiller
- Se tromper d’année de référence : l’avis d’imposition retenu est celui de N-2 (une vente en 2024 s’appuie sur l’avis 2022).
- Oublier de fournir l’attestation de “pension de vieillesse” à son notaire.
- Sous-évaluer son patrimoine et franchir par mégarde le seuil de 1,3 million € (un expert peut recalculer la valeur vénale de biens détenus depuis longtemps).
Pas-à-pas administratif
- Rassembler les avis d’imposition N-2 de chaque vendeur.
- Demander au notaire un récapitulatif du patrimoine immobilier afin de vérifier le seuil d’1,3 million €.
- Fournir l’attestation de pension ou de réversion.
- Laisser le notaire télé-transmettre la déclaration de plus-value avec la mention « exonération » au service fiscal.
En pratique, un simple rendez-vous suffit ; un simulateur accessible depuis l’espace particulier permet néanmoins de vérifier soi-même la projection du calcul.
Perspectives pour 2024 et au-delà
Le ministère des Finances prévoit d’indexer les plafonds sur l’inflation dans la prochaine loi de finances. Si l’indice des prix reste autour de 4 %, la barre des revenus fiscaux pourrait être relevée d’environ 500 €. Les associations de seniors militent déjà pour une extension de la mesure aux veufs récents, qui voient souvent leur niveau de vie chuter. Restez à l’écoute : ce dispositif, encore discret, pourrait devenir la bouée de sauvetage financière de nombreux retraités lors des prochains mois.
