soleil

Décès de Maxime Dahan

C’est avec une grande tristesse que l’Institut de physique et l’Institut de chimie du CNRS ont appris ce lundi 30 juillet 2018 le décès de Maxime Dahan, 46 ans, directeur de recherche au CNRS et professeur associé à l’École Polytechnique. Il dirigeait le laboratoire Physico-Chimie (UMR168) du centre de recherche de l’Institut Curie.

Ancien élève de l’École Polytechnique (1990-1993), Maxime Dahan était également diplômé du Master de physique quantique de Paris. Il avait soutenu en 1997 une thèse de doctorat au Laboratoire Kastler Brossel sur les effets quantiques avec des atomes ultra-froids, sous la direction de Claude Cohen-Tannoudji et de Christophe Salomon, pour laquelle Il avait été co-récipiendaire du prix Daniel Guinier de la société française de Physique. Il avait profité de son séjour post-doctoral au Lawrence Berkeley National Laboratory (Etats-Unis) pour s’orienter vers la détection optique de biomolécules individuelles. Recruté en 1999 chargé de recherches au CNRS (section 04), il a été responsable de l’équipe « Optique et Biologie » au Laboratoire Kastler Brossel jusqu’en 2012. Spécialisés dans l’imagerie appliquée à la cellule, les travaux de Maxime Dahan ont été très tôt reconnus par sa communauté scientifique. Il a notamment été récompensé en 2006 par la médaille de bronze du CNRS et le Grand Prix Jacques Herbrand de l’Académie des sciences.

Maxime Dahan a aussi mené des études physiques poussées sur les processus de non-ergodicité et de vieillissement statistique à l’échelle d’un nano-objet individuel. Il a développé de nouveaux outils pour l’imagerie de molécules uniques, tant du point de vue des méthodes et instruments optiques, que de celui des méthodes computationnelles pour l’analyse des données. Plus récemment, il a développé une approche systémique de la biologie cellulaire visant à comprendre le transfert de l’information dans la cellule via des réseaux d’interactions complexes. Pour cela, il a mis au point une approche originale de manipulation de cellules en environnement microfluidique par stimulation chimique contrôlée, ce qui a mené au dépôt de deux brevets et à la création d’une start-up, Alvéole, en 2011, lauréate du concours mondial de l’innovation en 2014. Il a ensuite étendu ces approches à des manipulations subcellulaires par des nanoparticules magnétiques fonctionnalisées. Ces résultats sont à la base de son programme de recherche, centré sur l’imagerie et le contrôle optique des systèmes vivants, de la molécule unique au circuit moléculaire, tant du point de vue méthodologique que pour l’étude de questions biologiques d’intérêt. Les résultats obtenus sont d’un niveau exceptionnel comme l’atteste l’impact de ses recherches (plus de 11000 citations, 90 publications internationales à comité de lecture le plus souvent dans des revues prestigieuses, 11 chapitres de livres, 2 brevets déposés et 2 logiciels publiés, invitation à plus de 70 conférences).

Sollicité pour prendre la direction de l’Unité physico-chimie « Curie », Maxime Dahan avait accepté cette mission d’intérêt collectif, et rejoint l’Institut Curie en 2013. Il assurait également la direction de son équipe de recherche “Imagerie et contrôle optique de l’organisation cellulaire”.

Le CNRS souhaite rendre hommage à un chercheur engagé, à un homme d’une remarquable créativité, exigeant et déterminé qui aura marqué l’histoire de l’interdisciplinarité dans notre organisme.

Le CNRS adresse à la famille de Maxime Dahan ses plus sincères condoléances. Il a également une pensée pour ses collègues et amis du laboratoire Kastler Brossel et de l’Institut Curie.